DRÔLE DE DAME À MONTE-CRISTO, pièce montée par Jean-Pierre Jumez
       
   
   


Vladimir VOLKOFF

- Monsieur Volkoff, qu'êtes-vous en train d'écrire ?

- Je réponds à un questionnaire concernant le legs d'une Ecossaise aux amis d'Alexandre Dumas. Je me demande pourquoi le tartan de cette dame n'y figure pas.

- Le tartan ?

- Oui, ce sont les couleurs, les couleurs qu'on porte sur les couleurs. C'est le blason des Ecossais. C'est ce qu'on met sur les kilts. Le tartan figure aussi sur les cravates. Donc, je trouve que tout cela n'est pas très sérieux.

- Mais le fantôme, cela, c'est du solide ?

- Seuls les fantomas m'intéressent.

- C'est votre déformation littéraire qui vous pousse vers les fantômes ?

- Pas fantomas, fantômesses, MESSES, ai-je dit !

- What a MESS ! Why a MESSE ?

- Parce que je m'intéresse aux femmes, évidemment, et je ne m'intéresse qu'à elles.

- Et le trésor, vous vous y intéressez ? La littérature a-t-elle besoin de trésor ?

- Non, la littérature est un trésor en elle-même.

- Paradoxe de l'argent et de l'art. Doit-on écrire librement ou contre espèces sonnantes et trébuchantes ?


 


- On doit écrire pour le plaisir et espérer en son destin. Au 20è siècle, nous est arrivée une catastrophe nommée démocratie qui a supprimé la version idéale du trésor : le mécène. Je préfère les relations humaines aux relations matérielles. Nous n'avons plus de mécènes. II ne nous reste que le destin.

- Pourtant, dans votre pays d'origine, l'art est terriblement vivant, et quel que soit le muselage, vos ex-compatriotes restent profondément artistes !

- Que voulez-vous, nous sommes doués…

- Quel que soit le système ?

- En effet.

- Avez-vous un exemple de pays où le mécénat soit préservé ?

- Dès qu'on devient précis, il faut définir. Pour moi, le mécénat, c'est François 1er ou Louis XIV ou Laurent de Médicis. Les communistes n'ont pas trouvé le mécénat, mais la manipulation de l'art. Je ne pouvais m'y associer, puisque le mécénat, c'est la liberté de la création.

- L'art a pourtant toujours été récupéré par la religion !

- Pas du tout, la religion a fondé l'art. La tragédie grecque est fille des rites religieux de l'ancienne Grèce. Le théâtre français est fils des mystères du parvis de Notre-Dame. La religion, c'est notre mère.

- Cependant, on voit dans l'Islam que soit la religion absorbe la musique, soit elle l'interdit. Le premier décret de Khomeiny a été de réglementer la musique.

- Oui, mais est-ce que l'Islam est une religion ?


 

 

 


 
 
             
     
                   
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