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Avant de rejoindre Rome, je passe embrasser les miens à Paris. José Artur me reçoit au "Pop-Club" de France-Inter, et me demande : -Mais comment se fait-il que vous, un Français, jouiez de la guitare espagnole ? Espagnole, la guitare ? Minute, papillon ! Après avoir dérivé depuis la Perse, c'est en Europe que l'instrument s'est épanoui. Mais, en France, elle a connu une véritable vogue MA
GUITERNE , JE TE CHANTE déclamait déjà Ronsard.
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Alors
que, sous l'impulsion du Vert-galant, s'installe en France la première
société de consommation, celle de la poule-au-pot, la guitare
prend son nom définitif ("guitarre") et se voit ajouter
un cinquième chur*.
Le pouvoir et la guitare Vers 1780, apparaît en France l'instrument dans sa structure actuelle. Nationalisée par le truchement des saisies nobiliaires, elle accompagne les chants révolutionnaires. C'est donc une guitare à six cordes que possède Napoléon, tout comme les officiers de Wellington. La "guitaromanie" conquiert l'Europe entière, et inspire de nombreux talents, particulièrement en Italie. Mais les maîtres venus de Naples ou d'Espagne s'installent à Paris, où Berlioz organise les duos entre Paganini et Sina (dont le fruit m'a valu la découverte de l'Antarctique). - Je ne saisis pas bien le rapport ! s'exclame José Artur. - Je vous expliquerai hors-antenne ! Berlioz assiste aussi, impuissant, à la nouvelle vague, celle du piano, qu'il abhorre. Et, pour Victor Hugo, la guitare est "une voix qui chante parle et pleure...". Pour appuyer mon argumentation auprès des auditeurs de la célèbre émission, je me rapproche alors du micro et interprète la Marseillaise à la guitare.
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