DRÔLE DE DAME À MONTE-CRISTO, pièce montée par Jean-Pierre Jumez
       
   
   


Paul GUTH

- Paul Guth, c'est un personnage intéressant, cette dame McKrane ?

- Ah oui ! Elle nous demande des choses mystérieuses, telles nos témoignages sur le fantôme d'Alexandre Dumas. Moi je réponds que si jamais je le vois, je l'avertirai.

- Avez-vous déjà vu des fantômes ?

- Bien sûr, j'en vois sans arrêt : ce sont mes contemporains. La plupart n'ont aucune existence. La personnalité est en train de se dissoudre. Très peu de gens ont une existence réelle. C’est le nivellement par les médias, l'industrialisation, l'automatisation, la déshumanisation.

- Cette charmante dame demande aussi si le trésor de Monte-Cristo est dans le parc.

- J'ai fouillé à la pelle et à la pioche. Je n'ai rien trouvé, mais je ne manquerai pas de l'avertir le cas échéant.

 


- Donc pas de prise de terre ?

- Ce serait une prise de parc. Mais il est vrai que la littérature a toujours besoin d'argent, et aujourd'hui encore plus que jamais. Nous avons quitté la planète Gutenberg pour rejoindre celle de la caméra-micro. La littérature est devenue le parent pauvre.

- Mais le son de la voix, c'est aussi important que le style d'une écriture ?

- Mais c'est moins durable.

- D'après vous, tout doit donc être pérennisé. L'intensité d'un contact, n'est-ce pas pourtant sa fugacité ?

- On parle de communication, et jamais les gens n'ont été aussi seuls, jamais il n'y a eu autant de suicides par solitude, autant de drogue. Et jamais il n'y a eu pourtant d'instruments aussi perfectionnés de communication.

- Elle va nous aider, cette dame ?

- Sûrement. II faut en tout cas la remercier pour ses généreuses promesses.


 

 


 
 
             
     
                   
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