DRÔLE DE DAME À MONTE-CRISTO, pièce montée par Jean-Pierre Jumez
       
   
   

Jean DECELLAS

-- Jean Decellas, 50 millions de livres, c'est colossal, n'est-ce pas ?

- Cela dépend des livres : est-ce du Shakespeare, de l'Homère, du Virgile ?

- A votre avis, y-a-t-il 50 millions de livres sur le marché, actuellement ?

- Oh, il doit bien y en avoir 50 millions. C'est maintenant que plus personne ne lit que tout le monde écrit. Robert Poulet le disait et je le reprends à mon compte.

- Et vous êtes pour le rapport de bouche à oreille, donc ?

- Cela dépend qui est bouche. Mais bush dans mon oreille, cela peut être enrichissant.

- S'initier à une culture, c'est donc s'enrichir. Alors a-t-on besoin d'argent ?

- On n'a pas besoin d'argent. Il suffit d'être suffisamment voleur. C'est une notion occidentale que d'avoir besoin d'argent. Au Sahara, en Indochine, il suffisait d'une mitraillette.

-- La kalachnikov, c'est en effet la carte bleue du Tiers-Monde. Alors les écrivains qui font de l'argent sur leur écriture sont-ils des voleurs ?

- Ceux qui gagnent de l'argent ne sont pas des écrivains, ce sont des écriveurs, Mais pourquoi pas ? Talleyrand disait : " Ce ne sont pas les dupes qui manquent, ce sont les charlatans ".

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- Vous citez toujours les autres ?

- Moi si je vole, c'est parce que je suis un ange. Regardez mon auréole : c'est le fantôme d'Alexandre Dumas, que je fréquente depuis toujours. Jétais élève au vieux lycée Marcel Roby. C'était en 47, avec michel Péricard, Jean-Marie Le Pen (le plus poète incontestablement, il disait : " les Français sont tellement cons qu'ils croient que si le roi revenait, il porterait une perruque "), et Olivier Todd. Avec ma petite amie, nous venions les nuits de pleine lune dans le domaine de Monte-Cristo, qui était alors abandonné. Une espèce de ballon dirigeable passait souvent. Et une voix me disait " ah ah, mon gaillard, gare ! " C'était Dumas je n'ai aucun doute.

- Que présentez-vous aujourd'hui ?

- Un ouvrage qui s'appelle " Noël, perpétuel Noël ". C'est un recueil de 50 poèmes que j'ai écrit au fil des années à mes amis, pour mes enfants, etc… J'en ai vendu 2, parce que je ne passe pas à la télé.

- Est-ce le nombre des lecteurs qui fait l'écrivain ?

- Absolument pas !

- Est-ce le nombre d'électeurs qui fait l'homme politique ?

- Eh oui.


 

 


 
 
             
     
                   
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