LA DANSE DES MOTS, billet quotidien, avec Oomark 

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LA SUISSE ET LE LATIN (30/9/09))

  • L'arrestation de Roman Polanski crée le trouble.
  • D'un côté les dura lex, sed lex, pour lesquels, même sévère, la loi est la loi.
  • De l'autre, les summum jus, summa injuria : pour ceux-là, un excès de justice devient une injustice.
  • On hésite aussi sur les motivations des autorités helvétiques :
  • Ratione personae (en raison de la personne) ?
  • Ratione materiae (en raison de la matière) ?
  • Ratione loci (en raison du lieu) ?
  • Mais à qui profitera l’affaire ?
  • Is fecit qui prodest – le coupable est celui qui tire parti de la faute.

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LE HAUT DU PAVÉ (29/9/09)

  • Réélue, Angela Merkel tient le haut du pavé.
  • Mais ceux qui tiennent le haut du pavé savent-ils que leur privilège remonte à l’Ancien Régime ?
  • Louis-Sébastien Mercier, le célèbre auteur du Tableau de Paris (1781), rêvait d’un temps où les rues de Paris comporteraient des trottoirs, à l’image de Londres.
  • Jusqu’à la Révolution, les chaussées parisiennes ne disposaient en effet pas de trottoirs et de caniveaux, mais d’une rigole centrale dans laquelle s’écoulait tout ce que la voie publique pouvait charrier à cette époque.
  • De part et d’autre, le sol était incliné pour permettre l’écoulement, donnant à la voirie un profil concave.
  • Plus on s’approchait du milieu de la rue, plus le risque grandissait de devoir marcher dans un marigot.
  • Aussi l’usage social était-il de réserver les parties latérales aux classes supérieures, aisément reconnaissables à leurs habits.
  • Le sans-culotte s’effaçait devant l’aristocrate ou le bourgeois quand il le croisait.
  • Tenir le haut du pavé, c’était donc appartenir à la bonne société, à laquelle était réservé le privilège de marcher, autant qu’il était possible, en terrain sec.
  • Louis-Sébastien Mercier mourra en 1714 sans avoir connu le développement systématique des trottoirs, qui ne commence qu’en 1815.
  • Le haut du pavé disparaît alors de nos rues.
  • Seule l’expression nous est restée.
  • Tout comme, pour les hommes, l’habitude galante de laisser aux femmes le côté mur.
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WATERBOARDING POUR POLANSKI (28/9/09)

  • La démocratie exemplaire dispose des outils juridiques qui permettront à coup sûr de faire dégorger Roman Polanski.
  • Une procédure est justement dédiée aux high value detainees (autrement dit, les VIP de la délinquance).
  • La technique du waterboarding y est soigneusement calibrée.
  • Polanski sera amené en couches de bébé au blacksite (du nom d’un jeu vidéo). Il sera immédiatement l’objet d’une certaine Répulsion.
  • Son crâne sera rasé. Pas de Lune de Fiel dans l’immédiat.
  • Sa cellule made in USA sera éclairée en permanence par deux ampoules fluorescentes de 17 watts chacune. Pour L’Homme de l’Ombre, c’est vexant.
  • Un fond musical permanent lui sera gracieusement offert, qui ne devra néanmoins pas excéder 79 décibels (comme si on lui repassait Le Pianiste en boucle).
  • Il sera douché pendant 20 minutes avec de l’eau à 5° (Celsius). A poil, point de Couteau dans l’Eau.
  • Sa nourriture ne pourra excéder 1500 calories par jour. Il conservera la ligne d’Oliver Twist.
  • Il sera enfermé nu : soit pendant huit heures si on lui attribue une grande boîte, soit pendant 2 heures dans une boîte exiguë. Frantic, le traitement.
  • La technique d’interrogation perfectionnée comporte la gifle et le wall-slamming (corps fracassé contre un mur). Pas de Neuvième Porte pour s’en sortir.
  • Et bien sûr, le waterboarding, dont même Macbeth n’avait pas rêvé.
  • De manière à affiner la méthode, le waterboarding doit systématiquement faire l’objet de rapports minutieux après chaque application. Quoi ?
  • Le volume d’eau dispensé est consigné. Ah, ils savent compter, à Chinatown !
  • Le déroulement de l’ingurgitation est décrit dans ses moindres détails. Un script aussi fouillé que celui de Tess.
  • Le bâillonnement est étarqué. Les Pirates savent y faire.
  • L’occlusion des conduits naso-pharyngiens est vérifiée. La trachée devient un Cul-de-Sac.
  • La consistance et le volume de la régurgitation (vomi) sont soigneusement répertoriés. Le maître dégorge ses aveux. Un vrai Bal des Vampires !
  • L’aspect général du détenu est ensuite enregistré. La Jeune Fille et la Mort, ça peut se mettre au masculin.
  • Attention ! Afin d’éviter tout risque d’addiction, pas plus de deux séances de deux heures de waterboarding par jour. On a vu ce que ça donne, ces fanatiques qui se repassent Rosemary’s Baby.
  • Le tout en présence d’un psychologue et d’un… médecin
  • Ce sera dur pour le cinéaste, mais avouez que ce doit être assez terrible pour Hippocrate.

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DE L'OR EN BARRES (25/9/09)

  • Une présomption de culpabilité, c’est de l’or en barres pour la défense.
  • On fait remonter l’expression au milieu du XVIIe siècle.
  • L’or était le métal de référence en matière de monnaie.
  • Pour réglementer son usage, l’État fixe alors les dimensions du lingot – ou barre – d’or.
  • L’or en barres est donc conforme aux normes fixées par le pouvoir royal.
  • C’est une valeur sûre.
  • Aujourd’hui encore, c’est en ce sens que l’expression se perpétue.
  • Tel est le paradoxe de l’or.
  • À l’heure de l’économie virtuelle et de la communication instantanée, il conserve sa force symbolique.
  • Le plus proche en anglais serait rock-solid. Autre suggestion ?

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CEUX QUI SAVENT COMPRENDRONT (24/9/09)

  • Observateur des tendances et travers de la société contemporaine, le journaliste et essayiste Alain Schiffres publie en 1986 chez Robert Laffont/J.-J. Pauvert un livre illustré par son complice habituel Wolinski, et intitulé Ceux qui savent de quoi je parle comprendront ce que je veux dire.
  • En 2000, Anna Gavalda reprend partiellement ce titre pour une nouvelle qu’elle fait paraître dans la revue du Grand Livre du mois : Ceux qui savent comprendront.
  • Depuis, la formule revient à l’occasion dans le langage professionnel, sous la forme d’origine d’Alain Schiffres, plus rarement en version abrégée à la Gavalda, mais surtout autour de variations comme : ceux qui savent ce que je veux dire comprendront de quoi je parle, ceux qui me connaissent voient ce que je veux dire…
  • Il y a de la manipulation mesurée dans l’expression : ne pas énoncer clairement ce que l’on veut dire relève des techniques courantes des manipulateurs.
  • Il y a aussi de l’humour : dans chacune de ses variantes, la formule fonctionne comme un raisonnement circulaire absurde.
  • Enfin, il y a de l’autorité dans le fait de prendre le risque de demander à chacun de se déterminer par rapport à soi.
  • Manipulation éclairée, sens de l’humour, autorité et sens du risque : voilà autant d’attributs du leadership.
  • Le procédé étant plus adroit qu’une apostrophe telle « les coupables devaient être traduits devant un tribunal correctionnel ».

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GAGEURE (23/9/09)

  • Gageure est composé du verbe « gager » qui signifie « parier », et du suffixe « ure », qui exprime le résultat d’une action.
  • Le « e » qui sépare le « g » du « u » se rattache au « g » : il n’est là que pour l’euphonie.
  • On ne doit pas l’associer au « u », pour provoquer un improbable « eure ».
  • Il faut dire gageure, comme dans un « injure » et non gageure, comme dans « rageur ».
  • Depuis 1990, l’orthographe « gageüre » est autorisée pour en faciliter, au prix d’une complication lexicographique, la prononciation.
  • Le genre de complications que François de Closets dénonce dans son brillant essai "Zéro Faute"*.
  • On comprend que les Français préfèrent importer challenge.

    * François de Closets : Zéro Faute, l'orthographe, une passion française - Mille et une Nuits - 20,40 euros

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CHAUFFE, MARCEL ! (22/9/09)

  • Villepin déclare la guerre à Sarkozy : Chauffe, Marcel !
  • Ce n’est pas Proust qui est invoqué.
  • Jacques Brel qui avait porté l’expression sur les fonds baptismaux, lors de l’enregistrement de Vesoul en 1968, encourageant son accordéoniste Marcel Azzola.
  • L’expression était déjà courante dès le début des années 60 : les humoristes Dupont et Pondu d’une part, les Charlots d’autre part l’utilisent.
  • On la signale aussi à l'École Centrale dans les années 40 : Marcel Véron, professeur de thermodynamique y aurait été amicalement chahuté au cri de «
  • chauffe Marcel ", une formule reprise ensuite par Boris Vian, reçu à l'École en 1939.
  • Jacques Brel n’aurait ainsi fait que donner ses titres de noblesse à un couplet déjà en vigueur.
  • Quoi qu’il en soit, la formule a fait florès.
  • Get going! – Hau rein! (tape dedans) – Dacci dentro! (donnes-y dedans)

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DE MINIMIS NON CURAT PRAETOR (21/9/09)

  • De minimis non curat praetor : le préteur ne s'occupe pas des petites causes, les magistrats ne doivent pas s'attacher à des vétilles.
  • Adage de droit romain signifiant que les juges ne doivent pas se consacrer à des sujets secondaires.
  • Par extension, l'expression est utilisée aujourd'hui lorsqu'il s'agit de rappeler que les chefs ne doivent traiter que des problèmes de leur niveau.
  • Des ministres n'ont pas à se mêler de quelconques listings.
  • Principe de subsidiarité avant l'heure, valable autant en entreprise que dans la cité.
  • La formule latine permet de rappeler avec autorité et sobriété la place que chacun doit tenir.

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L'ARLÉSIENNE (18/9/09)

  • La modération des bonus : une véritable Arlésienne !
  • L'Arlésienne est une nouvelle d'Alphonse Daudet extraite des Lettres de mon moulin, rassemblées et éditées en 1869.
  • L'Arlésienne est aussi la pièce de théâtre que Daudet tira de sa nouvelle, et pour laquelle Georges Bizet composa une musique de scène (1872).
  • Dans l’une et l’autre, une jeune fille, originaire d’Arles, est au centre de l’intrigue, mais n’apparaît jamais.
  • Un jeune homme, qui ne l’a rencontrée qu’une fois, en tombe amoureux et veut l’épouser.
  • Mais cours de fiançailles célébrées in absentia, un autre prétend l'avoir séduite.
  • Le premier décide de renoncer à ses velléités, mais n’arrive pas à se détacher du souvenir de la belle.
  • Les ragots attisent son malheur.
  • Il finit par mettre fin à ses jours.
  • L’Arlésienne, c’est quelqu’un qu’on attend et qui ne vient jamais (tout comme Godot).
  • Par extension, on donne aussi de l’Arlésienne aux événements.
  • Des managers dix fois annoncés, des projets prioritaires qui ne sortent pas des cartons, des promesses électorales reportées sine die,... les Arlésiennes foisonnent.

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AVOIR LES DENTS LONGUES (17/9/09)

  • L’expression trouve, si l’on peut dire, ses racines au Moyen Age. Avoir les dents longues signifiait alors : avoir faim.
  • La formule s’est déplacée sur le plan métaphorique pour évoquer aujourd’hui le fait afficher une ambition sans limites.
  • Les jeunes loups et les vieux requins ont en commun d’avoir les dents longues.
  • Au point de rayer le parquet ou d’arracher la moquette.
  • Les dents poussent plus vite au cours de tractations.
  • De surcroît, la perspective des régionales les aiguise.
  • Souvent aussi, loups et requins ont la dent dure.
  • Mais les lois de la mécanique sont implacables : à trop leur demander, les dents finissent par se fracasser.
  • To have one's sights fixed high - Comerse el mundo - Tenir les dens llargues - Avere grandi pretese - Avìri 'i dènti lònghi

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DRAG AND DROP (16/9/09)
  • Après une bonne quinzaine d’années de service, le « copier-coller » a vieilli. On l’entend moins dans le langage des entreprises, comme s’il portait aujourd’hui quelque chose de ringard.
  • Mais voici qu’heureusement surgit le « drag and drop ».
  • Le drag and drop, qu’on peut traduire par glisser-déposer, est cette technique qui consiste à cliquer sur un élément graphique de l’écran d’ordinateur et à le déplacer vers sa cible.
  • Cette interface est de plus en plus fréquente, et la formule drag and drop, de ce fait, désormais courante.
  • Il faut dire que l’ergonomie du drag and drop se distingue par sa simplicité : il suffit de déplacer un objet d’un environnement à un autre pour que tout se reconfigure automatiquement.
  • Reconfigurer un processus, restructurer un organigramme, réaffecter des équipes sans se soucier des détails, c’est le rêve des uns, mais le cauchemar des autres.
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RIEN DE PERSONNEL (15/9/09)

  • "Rien de personnel, bien sûr" !
  • C'est ainsi que l'on cherche à atténuer la violence d’un propos ou d’une décision, fût-on ministre.
  • Mais, en admettant que celui qui la profère soit de bonne foi, l’expression sera prise à la lettre.
  • S’il n’y a « rien de personnel » dans la remontrance qui est faite ou dans la sanction qui est prise, celui qu’elles visent est réduit à l’anonymat.
  • Il en est d’autant plus blessé.
  • Le remède est pire que le mal.
  • Et, à tout prendre, mieux valent encore les critiques ou les attaques « personnelles ».
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LE NEZ À TOUTES LES SAUCES (14/9/09)

  • La couverture universelle aux Etats-Unis : pas vraiment les doigts dans le nez.
  • A vue de nez, la moitié des sénateurs ont la réforme dans le nez.
  • Les mains dans les poches : on comprend aisément en quoi la formule incarne la décontraction.
  • Mais pourquoi les doigts dans le nez sont-ils la marque de la facilité ?
  • L'expression serait apparue en 1912 dans le langage des courses hippiques : le jockey est arrivé premier, les doigts dans le nez.
  • Assuré de son succès, il peut en effet lâcher la bride au point de pouvoir se mettre les doigts dans le nez.
  • Mais la facilité est illusoire : la victoire est le fruit d'une préparation laborieuse.
  • On ne gagne pas les doigts dans le nez avec les deux pieds dans le même sabot, ni en se regardant le nombril.
  • En tout cas, la moutarde monte au nez d'Obama, qui est loin d'avoir le nez creux.
  • Au Canada, on gagne en criant lapin.
  • A piece of cake (un morceau de gâteau) - Sin despeinarse (sans se décoiffer) - Le mani in tasca (les mains dans les poches) - Com um pé nas costas (avec un pied dans le dos) - E floare la ureche (une fleur à l'oreille).
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LE ROI DE PRUSSE (11/9/09)

  • Vente des Rafale au Brésil (suite) : Pire que Pyrrhus, le roi de Prusse !
  • En 1748, le Traité d’Aix-la-Chapelle met fin à la guerre de Succession d’Autriche, qui aura duré 8 ans.
  • L'Autriche ne perd finalement que des territoires mineurs.
  • La Grande-Bretagne obtient la confirmation de ses droits maritimes.
  • La Prusse est la grande gagnante : elle se voit notamment attribuer le riche duché de Silésie.
  • En dépit de sa forte implication et de ses succès militaires, la France ne tire en revanche aucun avantage du soutien qu’elle a apporté au roi de Prusse Frédéric II.
  • Lors des négociations, le comte de Saint-Séverin, qui représente Louis XV, n'exige en effet rien de spécial.
  • Voltaire, professionnel de l'ironie, dira que les Français ont « travaillé pour le roi de Prusse ».
  • Mais Frédéric II n’avait rien imposé.
  • C’est le plénipotentiaire français qui avait d’emblée annoncé la couleur en déclarant aux autres ambassadeurs ébahis : « Sa Majesté très-chrétienne a le souci de faire la paix non en marchand mais en roi ».
  • Ainsi naît l’expression "travailler pour le roi de Prusse", avec la signification de travailler sans être justement rémunéré qu’on lui connaît aujourd’hui, car travailler pour l'honneur est évidemment une notion dépassée.
  • La formule deviendra d’autant plus populaire que, quoique despote éclairé, Frédéric II avait l’habitude de payer chichement son personnel et ses soldats.
  • En entreprise, on dit qu’on "travaille pour le roi de Prusse" lorsqu’on est amené à assurer une prestation insuffisamment facturée.
  • On le fait généralement en s’y croyant tenu par obligation contractuelle, par intérêt commercial ou par contrainte politique.
  • Ad honorem ? Ça va pas, la tête ?
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LANDERNAU (10/9/09)

  • Un prisonnier s'évade à Auxerre.
  • Cela fait du bruit dans le Landernau.
  • Landerneau, une commune du Finistère, est certes le berceau des supermarchés Leclerc.
  • Mais l'expression ferait plutôt référence au coup de canon que l’on tirait à Brest lorsqu’un prisonnier s’échappait, le bruit étant entendu jusqu’à Landerneau.
  • A noter aussi que Le Rennais Alexandre Duval écrivait en 1796 dans sa pièce "Les héritiers" : « Oh le bon tour ! Je ne dirai rien, mais cela fera du bruit
  • dans Landerneau ! », suite au retour d’un officier donné pour mort.
  • Par extension, Landerneau est devenu synonyme de microcosme.
  • Le suspect Jean-Pierre Treiber est incarcéré en préventive depuis 2004 pour un procès prévu au printemps... 2010.
  • Avez-vous vu "Un Prophète" de Jacques Audiard ?
  • Puisse ce chef-d'oeuvre dessiller les yeux du Landernau.
  • Viel zu reden geben (donner beaucoup à parler) - To make the yokels sit up (faire se redresser les péquenauds) - Eso va a traer cola (cela va provoquer une queue) - Eddenia bech t'qoum ou toqoôd (le monde va se lever et s'asseoir - transcription de l'arabe)
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PYRRHUS (9/9/09)

  • Pyrrhus, roi d'Épire, se met en tête de reconquérir l'empire d'Alexandre, dont il est un parent éloigné.
  • Après des succès en Macédoine, il se heurte en Italie aux armées romaines.
  • En 280 (av. J.-C.), il emporte la bataille d'Héraclée, près de Tarente, sur les Romains effrayés à la vue de ses éléphants.
  • Mais la victoire d'Ausculum, un an plus tard, lui coûte si cher en troupes qu'il préfère se retirer en Sicile pour éviter un troisième combat.
  • C'est alors qu'on lui prête sa fameuse réflexion : « Si nous devons remporter une autre victoire sur les Romains, nous sommes perdus ».
  • Cela ne l'empêche pas de chasser par la suite les Carthaginois de Sicile avant d'être tué à Argos, en Grèce, en combattant les Spartiates.
  • On qualifie aujourd'hui de victoire à la Pyrrhus un succès emporté dans des conditions telles qu'il laisse le vainqueur très affaibli.
  • Certains appels d'offres - tels les TGV en Chine ou les avions de chasse au Brésil - imposent des conditions si exigeantes que ceux qui l'emportent sont en réalité menacés de victoire à la Pyrrhus.
  • Ein Pyrrhussieg, A Pyrrhic victory, Una victoria pírrica, Una vittoria di Pirro, Pyrrusowe zwyciestwo, Pirova pobeda
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PÉNATES (8/9/09)

  • L'heure à laquelle vous lisez ce billet dépend largement de celle à laquelle vous avez regagné vos pénates (il en va de même pour l'heure à laquelle je la rédige).
  • Les Pénates sont des divinités étrusques puis romaines.
  • Ils – le mot est masculin – sont chargés de la garde du foyer et plus particulièrement des biens et du garde-manger.
  • Pourquoi, quand on s’apprête à quitter un dîner professionnel qui s’éternise, préfère-t-on bien souvent dire qu’on va regagner ses pénates plutôt qu’annoncer qu’on rentre chez soi ou qu’on va se coucher ?
  • Sans doute parce que, dans ce cas comme dans d’autres, filer la métaphore relève de la politesse.

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ÊTRE A LA BOURRE (7/9/09)

  • Déjà le 7 septembre !
  • C'est ce qui s'appelle "être à la bourre"!
  • Allusion à la touffe de poils ras qui sert à fabriquer du feutre ?
  • A la matière qui servait à comprimer la charge dans les anciennes armes ?
  • A celle qui sert à rembourrer matelas et coussins ?
  • Il est plus probable qu'il s'agisse d'une allusion au jeu de cartes du même nom.
  • Le perdant est celui qui prend du retard.
  • On l’appelait le « bourru ».
  • Et par extension, on a dit qu’il était à la bourre.
  • Le jeu est passé de mode, l’expression est restée.
  • Etre à la bourre en entreprise n'a pourtant rien de ludique

 

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