LA DANSE DES MOTS, billet quotidien, avec Oomark 

AUDIT(ION) SCHUBERT (30/11/09))

  • Invité à une représentation de la Symphonie Inachevée, un DRH, pour montrer sa gratitude et démontrer sa compétence, remet un rapport à son PDG
  • Les hautbois demeurent inactifs pendant des périodes considérables. Il suffit de répartir leurs interventions.
  • Les fonctions des percussions, triangle et autres cymbales peuvent être mutualisées ; il convient en outre de mettre les pieds à contribution.
  • Certaines tâches doivent être assurées pas des stagiaires.
  • Les 12 violons jouent des notes à l’unisson. Duplication manifestement excessive : effectif à réduire drastiquement.
  • Pour monter le volume, utiliser un micro.
  • Répéter au cor des passages déjà joués par les cordes, c'est manifestement redondant.
  • Il est possible d'arrondir les triples croches à la double croche la plus proche sans affecter le déroulement du gros œuvre.
  • Bien paramétré, le concert passe de 25 à 8 minutes.
  • En appliquant ces recommandations de manière concomitante, on gagne 90 % des effectifs, passant de 82 à 8,2 exécutants.
  • Si le nommé Schubert avait suivi mes recommandations, il eût achevé sa symphonie en temps et en heure.
  • Je suis à votre disposition pour un projet immobilier nettement plus efficient.

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PATATE CHAUDE (27/11/09)

  • Avec Roman Polanski, les autorités helvétiques détiennent une véritable patate chaude.
  • Expression de la tradition hexagonale qui signifie : transmettre au suivant un problème qu’on n’a pas traité, souvent récupéré de quelqu’un qui ne l’avait lui-même pas appréhendé.
  • La métaphore est parlante.
  • Mais si la formule connaît aujourd’hui une nouvelle jeunesse, c’est peut-être qu’avec Internet la fonction a désormais son organe.
  • Dans une messagerie électronique, la fonction « transmettre la patate chaude » ne s’intitule-t-elle pas en effet : « faire suivre avec les pièces jointes » ?
  • To throw the ball between each other.

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ÇA SENT LE FAGOT (26/11/09)

  • Depuis plusieurs mois, les expatriés abandonnent Mercedes, Jaguar et autres 4X4 sur le parking de l’aéroport de Dubaï.
  • Ils retournent au pays en toute hâte.
  • Ça sent le fagot.
  • Sentir le fagot, c’est le contraire d’être en odeur de sainteté.
  • La formule trouve ses racines dans les derniers temps du Moyen Âge.
  • Les hérétiques et les apostats étaient alors souvent promis au bûcher.
  • Sentir le fagot, c’était afficher un comportement ou exprimer des propos susceptibles de conduire au supplice par le feu.
  • Dans le Golfe, ne pas rembourser un crédit immobilier, c’est du vol.
  • Mieux vaut tout perdre que de subir un châtiment de derrière les fagots.
  • Oler a chamusquina

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OCCUPE-TOI DE TES OIGNONS (24/11/09)

  • « Occupe-toi de tes oignons ! », rétorquent les adeptes du Téléthon à un Pierre Bergé aussi féru de chiffres que de lettres.
  • Au cours du XIXe siècle, « l'oigne », apocope d’oignon, désignait (en argot) le séant.
  • L'expression « se le mettre dans l'oigne » voulait dire « mépriser ».
  • On serait donc dans le registre genre « occupe-toi de tes fesses ».
  • Mais Cellard et Rey, dans leur Dictionnaire du français non conventionnel, font plutôt appel à la plante potagère monocotylédone de la famille des liliacées.
  • Dans le centre de la France, les femmes faisaient pousser des oignons dans un pré carré pour se faire de l’argent de poche.
  • Il était donc courant d'entendre les hommes dire aux femmes qui voulaient se mêler de leurs affaires : « occupe-toi de tes oignons ! ».
  • Ce qui effectivement expliquerait que le bulbe multicouche fût convoqué au pluriel.
  • M.Y.O.B. (mind your own business) - Das ist nicht dein Bier!- ¡Zapatero, a tus zapatos! - Fatti i cavoli tuoi!

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VICTOIRE ! (23/11/09)

  • Certains supporters ont arboré le fameux « V » de la victoire.
  • L'origine de ce signe remonterait à la bataille d'Azincourt (1415).
  • Les archers jouent un rôle décisif dans la stratégie militaire anglaise.
  • À tel point que lorsque les Français capturaient un archer, ils lui sectionnaient l'index et le majeur, indispensables pour bander leur redoutable arme.
  • En signe d'insulte, les archers anglais auraient pris l'habitude avant la bataille de faire le signe « V » à l'adresse des Français, attestant que ces deux doigts ne leur manquaient pas pour vaincre.
  • En exil à Londres, Victor de Laveleye anime Radio Belgique, qui lutte contre l'occupation nazie de la Belgique.
  • Le 14 janvier 1941, il propose sur les ondes d'utiliser la lettre « V » comme signe de ralliement pour la résistance belge, cette lettre étant la première lettre de
  • Victoire en français et de Vrijheid (liberté) en flamand.
  • En 1945, Churchill se fait le héraut du « V ».
  • L'étiquette de 1945 de Château Mouton Rothschild 1945 est surmontée d’un « V ».
  • Des dirigeants arabes reprennent ce symbole pour annoncer prématurément la victoire sur Israël en 1948, 1956, 1967 et 1973 .
  • Mais on a aussi vu des Irlandais lancer un « V » rageur au Stade de France.
  • Car chez eux, présenté avec le dos de la main en avant, le « V » équivaut… au bras d'honneur.

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JEUX DE MAINS, JEUX DE VILAINS (19/11/09)

  • De nos jours, le « vilain » désigne quelqu'un qui se conduit mal, qui n'est pas « sport ».
  • L’expression semble remonter au Moyen Âge.
  • Les « vilains » désignaient des paysans, des hommes de basse condition.
  • Chez eux, on se distrayait en échangeant des coups légers : les jeux de mains.
  • Qui pouvaient dégénérer en pugilats.
  • Symétriquement, les gens de la haute avaient recours à des fleurets ou autres armes blanches.
  • On dit aussi qu’au jeu de paume (real tennis en anglais), les nantis se munissaient de raquettes, laissant aux vilains les cals et les ampoules.
  • Les jeux de mains étaient donc des activités réservées aux vilains.
  • Ce n’est que bien plus tard que les joueurs de rugby (eux) auront le droit de faire des pieds et des mains.
  • No more horsing around or it'll end in tears - Juego de manos, juego de villanos
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À LA SAINT GLINGLIN (18/11/09)

  • François Fillon n’entend pas reporter ses réformes à la Saint-Glinglin.
  • D’ailleurs, Saint-Glinglin n’existe pas.
  • L'origine de l'expression vient de la déformation de seing (le signal) et de glinglin, tiré de glinguer, forme dialectale de la région de Metz voulant dire « sonner, résonner », elle-même issue du klingen germanique signifiant la même chose.
  • À la Saint-Glinglin voulait donc dire, à l'origine, « quand les cloches sonneront » : autrement dit, à une échéance ultérieure.
  • Mais s’il ne figure pas dans le calendrier liturgique, Saint-Glinglin n’en est pas moins le patron d’un ordre bien établi : celui des procrastinateurs, adeptes de la procrastination, cette disposition de l’esprit qui consiste à toujours remettre au lendemain ce qu’on pourrait faire le jour même.
  • Concept assez universel :
  • A la Saint-Jamais « Zankt-Nimmerlein » ; « No dia de São Nunca »
  • Au premier jour de jamais « Until the first of never »
  • Quand les cochons pourront voler « When pigs can fly » ; « Când o zbura porcul”
  • Quand le peuplier fera des poires et le saule des giroflées « Când o face plopul pere si rachita mic »
  • Le mois sans samedi « To mina horis savato »
  • Quand les grenouilles auront des poils « Cuando las ranas crien pelos »
  • Quand les poules auront des dents « Hasta que las gallinas críen dientes »
  • À la fête congolaise « Têt Cong-gô »

NB : La justice a eu à connaître d'une affaire de la Saint Glinglin : un débiteur avait emprunté une somme que le créancier n'entendait pas récupérer immédiatement ; l'écrit prévoyait que la dette serait remboursée « à la Saint Glinglin ». Mais il s’agissait bel et bien d’un prêt et non d’une donation. Le débiteur se faisant tirer l'oreille pour acquitter son obligation de remboursement, le tribunal fut saisi par le créancier pour valider son titre et le faire exécuter.
Le jugement rendu ordonna le remboursement au 1er novembre… fête de tous les saints !

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LAÏC OU LAÏQUE (16/11/09)

  • Pas de burqa chez nous car la France est un état laïc !
  • Ou laïque ?
  • Laïc vient du latin laicus (commun, ordinaire, qui est du peuple), issu lui-même du grec laikos signifiant du peuple.
  • Initialement, un laïc désignait toute personne ne faisant pas partie du clergé.
  • Attesté dès le XIIIe siècle, le mot n'entre dans le langage courant qu'à la Renaissance.
  • Longtemps écrit lai (presque comme aujourd’hui lay en anglais), il s'impose comme nom sous la forme laïc au Siècle des Lumières.
  • L'adjectif surgit à la veille de la Révolution avec l'orthographe laïque, tant au masculin qu'au féminin.
  • La Troisième république inventera ensuite le mot laïcité.
  • C'est Littré qui a qualifié Louis Pasteur de saint laïque.
  • Ce faisant, le grand lexicographe souligne l'orthographe recommandée.
  • Pour les puristes, laïc devrait en effet être réservé aux personnes, et l'adjectif s'écrire laïque dans les deux genres.
  • Ne nous voilons pas la face : notre orthographe est discriminatoire.

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VIDER SON SAC (13/11/09)

  • Sous l'Ancien Régime, on a longtemps écrit sur des rouleaux qu'on rangeait dans des sacs.
  • Au tribunal, les avocats apportaient ainsi les pièces du dossier dans un sac.
  • L’affaire était dans le sac.
  • Déployant les pièces à conviction, ils vidaient leur sac avec la hargne qu’attendaient d’eux leurs clients.
  • Une fois l'affaire plaidée, ils les replaçaient dans le sac jusqu'au verdict, qu'ils espéraient favorable.
  • La formule a traversé les siècles.
  • En mai 1981, la tuerie d’Auriol a marqué la fin du SAC.
  • Et hier, Charles Pasqua a vidé une (petite) partie de son sac.
  • « Vide ton char et remets tes raquettes ! », lancent les Québécois.
  • To get a load off (one's shoulders) - Cantar La Traviata - Vuotare il sacco

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TOUT À FAIT (12/11/09)

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

  • Verlaine a mis l’expression en scène dans Mon rêve familier.
  • Mais plus que le poète, ce sont sans doute le footballeur Jean-Michel Larqué et son pendant le journaliste Thierry Roland qui ont rendu célèbre l’expression dans
    les années 90, avec leur désormais classique « Tout à fait, Thierry ! », jeté à tire-larigot dans leurs commentaires de matches de foot.
  • La formule a fait florès
  • On l’emploie volontiers à la place d’un simple oui.
  • Il y a, certes, une nuance : tout à fait relève de la complétude.
  • Tout à fait, c’est plus que oui, c’est oui entièrement.
  • Mais le succès de l’expression dans le langage professionnel tient sans doute à sa dimension impersonnelle.
  • Dire oui, c’est s’engager.
  • Répondre tout à fait, c'est constater : une posture moins risquée.

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SUAVE MARI MAGNO (11/11/09)

  • Les incidents se multiplient à droite
  • La gauche exulte, évidemment.
  • Suave mari magno
  • Il s’agit du début d’un vers de Lucrèce (Poème de la Nature, Livre II), souvent évoqué au siècle dernier.
  • Suave, mari magno turbantibus aequora ventis, E terra magnum alterius spectare laborem (...).
  • « Il est doux, quand sur la vaste mer les vents soulèvent les flots, d'apercevoir du rivage les périls d'autrui… »
  • Lucrèce rappelle, non sans cynisme, que les malheurs auxquels on échappe sont parfois un grand bonheur.
  • Se réjouir des difficultés de ses concurrents fait partie des réflexes de la vie professionnelle.
  • Mais l’avouer fait mauvais genre.
  • Convoquer Suave mari magno tamise le plaisir et le rend plus discret.

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SOUTIEN-GORGE (9/11/09)

  • Anti-islamique, inique et offensant, le soutien-gorge est désormais banni par les Chebab en Somalie.
  • Le tchador se porte donc seins nus.
  • Des barrages ad hoc ont été constitués, où ces dames sont tenues de sautiller devant des experts.
  • « Haro sur le soutien-gorge », titre prudemment Courrier International.
  • Car les dictionnaires ne s’accordent pas sur le pluriel de « soutien-gorge ».
  • Le Larousse recommande « soutiens-gorge », tandis que le Robert préfère « soutiens-gorges », tout en autorisant « soutiens-gorge ».
  • Le Grévisse conseille « soutiens-gorge ».
  • Tous sont d’accord pour rejeter « soutien-gorges ».
  • L’Académie, tartuffe, ne se prononce pas.
  • Mais d’aucuns soutiennent aussi le caractère invariable de « soutien-gorge » et plaident en faveur des soutien-gorge, une option d’ailleurs retenue par quelques écrivains.
  • A l’appui de leur position, le fait que, dans « soutien-gorge », soutien vient en fait de soutient.
  • Le mot fait en effet son apparition à la fin du XIXe siècle comme en témoigne son entrée dans le Larousse en 1904.
  • Il prend la suite de « maintien-gorge », version contractée de « maintient-gorge ».
  • Si derrière le nom soutien, se cache le verbe soutient, on peut être habilité à écrire des soutien-gorge. Sans pour autant apporter son soutien à ceux qui là-bas en font leurs gorges chaudes.


    NB : Un lecteur visiblement attentif me fait remarquer que l’Académie n’a pas pu examiner le soutien-gorge du fait de l’avancement alphabétique de ses travaux. Il ajoute que le dictionnaire des difficultés de la langue française opte pour soutiens-gorge, affirmant que « la forme soutient-gorge n'a pas prévalu ». Et mon lecteur de conclure : « il convient de rationaliser notre orthographe et notre grammaire afin qu'ils soient plus accessibles, sans aucun dommage sémantique, aux étrangers (face surtout à l'anglais) et à nos élèves (dont on relèverait ainsi notablement le niveau sans avoir pour autant à créer de postes d'enseignants).

    C’est précisément ce que préconise François de Closets dans Zéro faute, ouvrage évoqué dans un billet antérieur

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REMONTÉES, MES BRETELLES (8/11/09)

  • Le 23 octobre 2009 : ADIEU VEAU, VACHE
    « Il suffit de leur rappeler La laitière et le Pot au lait. »

    Ouille la gestion des majuscules pour le moins chaotique !

  • Le 26 octobre de la même année : HEURE D’HIVER
    Valéry Giscard D’Estaing

    Ouille la majuscule : Valéry Giscard d’Estaing.

    « Le coucher du Soleil », « l’heure de lever du soleil »

    C’est vrai que l’astre prend la majuscule. Mais ce n’est plus vrai de sa lumière. Et en plus, il faut être cohérent…

    « La multiplication donne 1 281 heures. Ces 1281 heures multipliées par 100 000 donnent 128 100 000. Chaque bougie exige une demi-livre de suif et de cire, soit un total de 64.050.000 livres… »

    Ouille la gestion de l’écriture des nombres !

  • Le jour subséquent : GODILLOTS
    On écrit « la monarchie de Juillet », pas « la Monarchie de Juillet »,

    On écrit « la Chambre des communes », pas « la Chambre des Communes »

Un ami qui vous veut du bien

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PERVASIF (5/11/09)

  • On ne le trouve pas encore dans les dictionnaires et pourtant on l’utilise.
  • Mais pervasif n’est pas un mot centaure qui réunirait du persuasif et de l’invasif, voire de l’évasif.
  • Pervasif vient de l’anglais pervasive, lui-même issu du latin pervadere : se propager, s’insinuer, se répandre.
  • On pourrait préférer environnement ubiquiste ou, comme au Québec, informatique diffuse ou envahissante.
  • Pervasif caractérise un réseau dont les acteurs communiquent spontanément entre eux.
  • Un jeu vidéo peut être pervasif.
  • Votre notepad, mû par des forces invisibles, pourrait devenir décisionnaire à votre place.
  • Par extension, pervasif qualifie les comportements d’influence, la gouvernance non intrusive.
  • Définition orwellienne qui donne froid dans le dos en laissant à penser que des choses peuvent justement se passer...dans notre dos.

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REMONTER LES BRETELLES (4/11/09)
  • Jusqu’à la Révolution, la ceinture était peu courante.
  • On tenait son pantalon par des bretelles.
  • La distinction était de le porter tendu.
  • Lorsque les bretelles se détendaient, le pantalon flottait, donnant une allure négligée.
  • Remonter ses bretelles, c’est donc ajuster son costume, pour être conforme à l’image publique qu’on est censé afficher.
  • Se faire remonter les bretelles est ainsi devenu synonyme d’être rappelé à l’ordre, même pour des ministres qui, nonobstant leur genre, portent des pantalons.
  • Lesquels peuvent être portés « baggy ».
  • Dans les prisons américaines, on enlève la ceinture des prévenus afin de prévenir leur suicide.
  • Ceux qui arborent ce style sont donc ceux qui se tapent totalement des bretelles et le font savoir, quitte à faire le sacrifice de leur élégance.
  • En pointant du doigt mes coquilles, vous avez été nombreux à me remonter les bretelles.
  • Vous n’avez pas compris qu’en réalité, je pose ci et là des marqueurs – un poil capillotractés, je le concède.
  • Hier, vous avez relevé mon « Moi, je ne veux aller en prison » (dont j’avais… savament - allez-y, défoulez-vous - ôté la particule « pas »).
  • Avant-hier, vous avez été outrés par mon « ça va come un lundi » (où manquait un « m »… évidement).
  • To pull up one’s socks , to be given the rough side of someone's tongue
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MOI JE NE VEUX PAS ALLER EN PRISON (3/11/09)

  • L’actualité le montre : il peut arriver que des responsables flirtent avec le pénal.
  • « Moi, je ne veux aller en prison » indique qu’on refuse cette éventualité.
  • « Un Prophète » de Jacques Audiard a, il est vrai, de quoi faire gamberger.
  • Mais pourquoi cette formule imagée, plutôt qu’un laconique « ne comptez pas sur moi pour transgresser la loi » ?
  • Simple effet rhétorique, tant l’imaginaire carcéral est puissant ?
  • Pas seulement : il y a comme de la jurisprudence dans ce refus d’aller en prison.
  • La frontière pénale n’est pas toujours linéaire dans la vie publique.
  • Il y existe une zone grise, que certains s’autorisent et d’autres s’interdisent.
  • On n’est pas toujours sûr de la qualification juridique : c’est affaire d’estimation personnelle.
  • « Moi, je ne veux pas aller en prison » signale qu’on estime se trouver aux marges d’une frontière qu’on ne franchira personnellement pas.
  • Mais d’autres ont une appréciation différente, et peut-être à raison.
  • C’est pourquoi la question passe du terrain juridique au psychologique.
  • À celui qui lance « moi, je ne veux pas aller en prison », on ne reproche pas son légalisme, mais le fait qu’il se fixe une ligne jaune trop proche : en somme, de
  • manquer de courage.
  • À moins qu’une immunité salutaire ne vienne balayer toute hésitation.

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ÇA VA COMME UN LUNDI (2/11/09)

  • Oh, ça va come un lundi !
  • On l’entend encore souvent, mais tout le monde ne l’utilise pas.
  • Répondre qu’on va comme un lundi, c’est déclarer qu’on tient pour deux ensembles distincts la sphère privée et l’univers professionnel.
  • C’est afficher une préférence pour le loisir du week-end.
  • C’est proclamer qu’on n’est pas on-line 24h/24h.
  • Autant de postures qui contrastent avec la disponibilité permanente qu’encouragent les outils de mobilité.
  • Annoncer publiquement qu’on va comme un lundi, c’est ainsi reconnaître qu’on n’appartient pas au cercle des cyber-workers.
  • Et c’est pourquoi on verra rarement s’y risquer les travailleurs du savoir.

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