LA DANSE DES MOTS, billet quotidien, avec Oomark 

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GEEK (29/5/09)

  • Un geek [guik] est un mordu d’informatique qui passe ses journées les yeux rivés à son écran.
  • A ne pas confondre avec le no-life qui est un toqué des jeux vidéo.
  • Seul le monde virtuel attise l’imagination du geek.
  • Le vocable n’est pas nouveau.
  • On le rapproche de l’allemand Geck ou du néerlandais gek (farfelu).
  • Au XVIIIe siècle, dans l'empire austro-hongrois, les cirques ambulants présentaient des Gecken, monstres de foire.
  • On trouve aussi le gicque (un fou de carnaval) dans le nord et l’est de la France.
  • A Dunkerque, on danse des rondes des gicques.
  • Foi de gicque ! dit-on en Belgique.
  • En Alsace, à carnaval, on porte des bonnets de gicque, reconnaissables par leurs pointes et leurs clochettes.
  • Au XIXe siècle, la tradition traverse l’Atlantique, et devient geek
  • Au XXe siècle, des auteurs comme Upton Sinclair ou Truman Capote utilisent le terme pour désigner des hommes solitaires et un peu fous que l'on voit rentrer chez eux, vêtements négligés, cheveux en bataille et plongés dans leurs pensées.
  • Einstein lui-même n’était-il pas un geek ?
  • Les héritiers des Gecken ou des gicques sont donc à la fois farfelus et surdoués.
  • D’où la vague inquiétude qu’ils suscitent.

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BLACKBOULER (28/5/09)

  • C’est d’Angleterre que nous vient le vocable.
  • Dans les clubs londoniens du XVIIIe siècle, mais aussi dans certaines loges maçonniques, les votes d’admission s’effectuaient à l‘aide de boules blanches et noires*.
  • Les boules blanches signalaient un vote favorable, et vice-versa.
  • Une ou plusieurs boules noires (black ball) suffisaient à écarter un candidat.
  • C’est ainsi que s’est forgé outre-Manche le verbe to blackball.
  • Débarquant en France à l’époque romantique, to blackball est francisé en blackbouler.
  • À la fin du XIXe siècle, d’aucuns essaient de pousser plus loin encore la francisation et d’imposer un blacbouler sans " k "
  • Mais sans succès : blacbouler redevient blackbouler,
  • Blackboulant toute velléité académique.

* Déjà, à Athènes, on déposait des cailloux dans l’urne.

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GRIPPE (27/5/09)

  • Sous un nom de code genre « A « ou autre « A(H1N1) », la maladie avance masquée.
  • Ce qui n’est pas pour rassurer les populations.
  • Une formule codée laisse craindre que les responsables ne maîtrisent pas le phénomène.
  • Mieux vaut donc à baptiser les virus, ce qui est à l’étude.
  • Après tout, les météorologues ont adopté une désignation internationale pour chacun des cyclones.
  • Pionniers dans ce domaine, les Australiens avaient d’abord choisi des noms d'hommes politiques.
  • Devant les protestations, ils s’étaient rabattus sur les prénoms de leurs épouses.
  • Devant les protestations, ils ont finalement mélangé les genres.
  • Aujourd'hui, des listes officielles fixent plusieurs années à l'avance les dénominations des cyclones à venir.
  • Les parents savent à quoi s'en tenir lorsqu'ils choisissent un prénom.
  • Être associé à une tornade peut être flatteur, et même, parfois, adéquat.
  • Une connotation virale risque d’être moins prisée.
  • Devant les protestations à venir, retournera-t-on à la case départ ?
  • Après tout, les hommes politiques ont l’habitude d’être pris en grippe.

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AUGIAS (26/5/09)

Dans la mythologie, Augias était le roi d'Élide, un souverain peu recommandable. • Il possédait un troupeau considérable, mais n’entretenait pas ses étables. • Un jour, il passe une commande à Héraclès* : les nettoyer en une journée. • Et lui offre un tarif « rush » : un dixième de son troupeau. • Héraclès impose des heures sup’ à ses équipes et détourne deux fleuves. • En 24 h chrono ; les écuries** sont nickel. • Mauvais payeur, Augias refuse la facture d’Héraclès. • Qui, faute d’un tribunal de commerce, le trucide. • Avec la crise, nombre d’écuries risquent d’être nettoyées (même dans la F1). • Mais attention : on ne convoque pas les mythes à moitié ! • Surtout quand c’est perdant-perdant : Héraclès autant qu’Augias. • Alors, mieux vaut engager un travail de Titan plutôt que de se lancer dans l’un des travaux d’Hercule.

• En anglais: To cleanse the Augean stables

* Héraclès est l’alter ego d’Hercule, la délicatesse en moins

** Pierre Souris me précise que l’original stipule : "i kopros tou Avgeia / Avgeiou". Au départ, il ne s'agit donc pas du tout d'étables ni d'écuries mais de.... fumier ( « kopros » a même un sens plus précis). Manifestement une interprétation fantaisiste imputable à une société de traduction peu recommandable.

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POÉSIE (25/5/09)

  • La poésie, c’est quand des mots se rencontrent pour la première fois.
  • « Chaque homme dans sa nuit s'en va vers sa lumière » (V. Hugo).
  • « Chère maîtresse à qui je dois la vie, le cœur, le corps, et le sang, et l'esprit » (Ronsard).
  • « Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé » (Lamartine).
  • La poésie, c’est aussi quand des idées se rencontrent pour la première fois.
  • Une phrase de Proust.
  • Un tableau de Magritte.
  • Une association d’idéogrammes créant un sens inattendu.
  • La poésie enfin, c’est quand une vie devient élévation.
  • Un musicien chez les coupeurs de têtes retrace la quête improbable du grand guitariste Michel Dintrich, fasciné par un bouclier aperçu chez André Breton.
  • L’artiste prend des risques insensés pour en retrouver la source en Irian Jaya (Papouasie).
  • Grâce à son talent artistique, il sauvera sa tête et recouvrera sa liberté.
  • Oui, ça, c’est de la poésie.

Un musicien chez les coupeurs de têtes - Michel Dintrich - Ed. Mille et Une Nuits - mai 2009 – 17 euros

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CANULAR (20/5/09)

  • Canular vient du latin cannula, « petit roseau », qui a donné le terme médical canule, désignant un petit tuyau servant à introduire un liquide dans le corps.
  • Le mot a donné le verbe « canuler » qui signifie « importuner, ennuyer ».
  • À la fin du XIXe siècle, les élèves de l'Ecole Normale Supérieure forgent à partir de canuler le mot pseudo-latin canularium, désignant une farce jouée aux dépens de quelqu'un.
  • Au début du XXe siècle, le mot est attesté sous la forme abrégée canular.
  • Il s'est depuis répandu dans la langue courante.
  • Les canulars téléphoniques sont fréquents en direction des hommes politiques et des people.
  • Ils sont aussi littéraires : Zola se distingua ainsi en faisant publier avec succès de faux poèmes de Baudelaire.
  • Ils peuvent être financiers aussi : entre les deux guerres, les élèves de l’École Polytechnique organisèrent une quête très fructueuse en faveur de la famille du soldat inconnu.
  • Et ils trouvent un nouveau champ d’expansion avec Internet : ce sont les hoaxes.

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LAPSI (19/5/09)

  • Un lapsus (un cuir dans la presse) est une erreur commise en parlant (lapsus linguae) ou en écrivant (lapsus calami).
    • Le coupable (ou la victime) substitue au terme attendu un vocable incongru.
    • Etymologiquement, lapsus veut dire glissade.
    • Glissade de la langue : lapsus linguae.
    • « Je ne fais pas de langue de Blois », s’indigna un jour Jack Lang.
    • En anglais : fluff
    • Glissade du calame, petit roseau taillé utilisé pour la calligraphie arabe : lapsus calami.
    • Dépêche AFP lors d'une visite de la Reine d’Angleterre : « Le Général de Gaulle lui a fait cadeau d’une splendide boîte ». En omettant le « o », le rédacteur licencieux fut licencié et déclencha une grosse émotion dans les chancelleries.
    • En anglais : accidental slip (slip = glissade).
    • Une proximité phonétique permet d’étendre la portée du lapsus calami.
    • On qualifie en effet de lapsus calami un lapsus considéré comme grave (calamiteux) parce qu’il révèle plus une ignorance ou une déformation qu’une maladresse.
    • « Cet attentat odieux qui voulait frapper les israélites qui se rendaient à la synagogue et qui a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic ! », lança judicieusement Raymond Barre.
    • Avec le développement de la bureautique, est apparu le lapsus clavis.
    • Manière astucieuse de faire passer les fautes d’orthographe (lapsus calami) pour des fautes de frappe (lapsus clavis), ce que l’on nomme coquilles dans la presse.
    • En anglais : typo.
    • Déjà mentionné, l'inénarrable Coquilles à gogo de Laurence Durrell épuise le sujet mais pas le lecteur.
    • Sujette aux lapsi, une société de traduction devient rapidement calamiteuse.

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MARQUES D'ÉMOTION (18/5/09)

  • Les marques sont souvent le fruit de l’amour
  • Au début du siècle dernier, un concessionnaire de Daimler possède un bolide qu’il appelle « Mercedes », du nom de sa fille. Puis il vend ses voitures sous cette marque, que le constructeur adopte en 1910.
  • Le Catalan Isaac Carasso invente en 1919 le premier yoghourt à base de ferments lactiques ; il le commercialise sous le nom de Danon, en hommage à son fils (« petit Daniel » en catalan - décédé ce mois).
  • Mariés en 1850, Jean-Romain Lefèvre et Pauline-Isabelle Utile éprouvent un amour fusionnel. La biscuiterie de Jean Romain devint ainsi la biscuiterie Lefèvre-Utile, et plus tard LU.
  • Les marques aiment aussi le terroir.
  • C'est l'union de trois fonderies du Nord de la France sises à Valenciennes, Louvroil et Recquignies qui a donné naissance à Vallourec en 1957.
  • Dans le Nord également, au début des années 30, Xavier Toulemonde ouvre une filature au lieu-dit Les Trois Suisses où un certain monsieur Suis tenait un estaminet. Ses trois filles devinrent les égéries – absolument pas suissesses – du groupe éponyme.
  • Le premier supermarché de l'enseigne Carrefour fut ouvert à Annecy au carrefour de deux grands boulevards, au début des années 60.
  • Les marques sont parfois poreuses.
  • Entré en résistance, Darius Paul Bloch, prend comme nom de code « Dassaulr », allusion aux chars. A la libération, son frère Marcel lance l’entreprise que l’on sait sous cette dénomination, et, accessoirement, rebaptise sa progéniture.
  • Jeffrey P. Bezos fonde Amazon en 1994. Pour bien faire comprendre que seul le débit l’intéresse, il emprunte le nom du plus grand fleuve du monde.
  • En 1907, Eugène Schueller lance une teinture capillaire servant à enjoliver l’auréole, la coiffure à la mode. Il la nomme opportunément « L’Auréale », subséquemment simplifiée. La marque est ensuite portée à l’international par son successeur, l’Hesdinois* François Dalle.

* Hesdinois est le gentilé d’Hesdin [édin] (Pas-de-Calais) dont est également natif votre serviteur. Et de deux.

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CADAVRES DANS LE PLACARD (17/3/09)

  • Les cadavres qu’on conserve dans le placard sont les affaires peu avouables du passé qu’on préfère ne pas voir apparaître au grand jour
  • Le placard des entreprises, c’est la comptabilité.
  • Un meuble subtil, avec ses recoins inaccessibles et ses tiroirs secrets.
  • Comme souvent les placards, les comptabilités paraissent en façade bien rangées.
  • Mais en fouillant, on peut y découvrir des actifs improbables.
  • Depuis un an, on découvre chaque trimestre de nouveaux cadavres dans les placards des établissements financiers.
  • On craint d’en trouver aussi dans les entreprises.
  • Avec tous ces cadavres dans les placards, la crise devient une série noire.
  • En anglais : skeleton in the closet

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FAVICON (14/5/09)

  • Un (ou une) favicon est une icône proposée par un site web pour enjoliver les endroits où figurent son nom ou son adresse.
  • Cette icône peut ainsi apparaître dans la barre d'adresse ou de titre du navigateur, les favoris, les onglets, ou autres raccourcis.
  • Le terme est un mot-valise né de la contraction de « favoris » et « icon ».
  • Il a commencé à être utilisé par le navigateur Internet Explorer de Microsoft, où la programmation se faisait via un fichier « /favicon.ico » placé à la racine du site.
  • L’usage du favicon se développe et évolue.
  • En français, le mot n'impressionne guère par son élégance.
  • Les contractions sont souvent douloureuses.

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INCESSAMMENT SOUS PEU (13/5/09)

  • Il y a évidemment du pléonasme dans « incessamment sous peu ».
  • Une surabondance de preuves qui signale qu’on est dans le faux.
  • Mais l’expression respire la bonne volonté.
  • Répondre à un client qu’on va le livrer incessamment sous peu, ou à un collègue qu’on le rejoint incessamment sous peu, revient à lui dire qu’on fait pour le mieux, mais sans garantie.
  • Pour celui qui attend, inutile alors de renforcer la pression : cela ne ferait qu’aggraver la situation.
  • La formule est appréciée des commerciaux.
  • À défaut d’apporter un calendrier précis, elle signale qu’ils déploient leurs meilleurs efforts.
  • Et ils gagnent ainsi du temps, sans se fâcher.
  • En anglais : momentarily

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GENTILÉS 2 (12/5/09)
  • Bien connue des cruciverbistes, la commune d’Eu (tout comme celle d'Y) l’est aussi des amateurs de calembours.
  • Pour ce qui concerne sa communication personnelle, le maire d’Eu a réglé le problème en se désignant comme le maire de la Ville d’Eu.
  • Reste un problème pour les Eudoises et les Eudois: celui de la reconnaissance de leur commune par les moteurs de recherche.
  • Ceux-ci n’aiment en effet pas les mots à deux lettres, surtout quand ils affichent autant d’homonymes que « Eu ».
  • «.eu » est de surcroît une extension de domaine (ccTLD), ce qui n’arrange rien !
  • Le maire de la Ville d’Eu estime que le fait d’être mal identifié sur Internet provoque un déficit de recettes touristiques pour sa commune.
  • Il suggère de changer ce nom en "Eu-en-Normandie".
  • Mais la procédure est longue et compliquée : approbation du conseil municipal, organisation d'un référendum, passage à l'Assemblée nationale et Conseil des ministres.
  • Il faudra au moins quatre ans pour modifier ce nom et le gentilé afférent (Normandeudois, Normandeudoise ?)
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GENTILÉS, ETHNONYMES ET HYDRONYMES (11/5/09)

  • Le gentilé est le nom qu'on attribue aux habitants d'un endroit donné.
  • C'est ainsi que, dans la Somme, les habitants d'Y se nomment les Ypsiloniens et ceux de Marieux les Mariols.
  • Les Hiérosolymitains, fussent-ils arabes, revendiquent leur souveraineté sur Jérusalem.
  • Les rois de France reposant dans le 9-3 resteront pour l'éternité des Séquano-Dionysiens.
  • L'ethnonyme dénomme des populations qui ne sont pas liées à un territoire
  • Les Peuls divaguent dans de vastes régions subsahariennes.
  • Grand comme quatre fois la France, le Nunavut est trop exigu pour contenir l'ensemble de la population des Inuits.
  • Les Roms ne reconnaissent qu'un seul souverain : la musique.
  • L'hydronyme baptise des coriverains.
  • Sans le savoir, les Parisiens sont tous des Séquanais.
  • Les Ligériens exposent leurs châteaux et élaborent des vins gais.
  • Bénis soient les Rhodaniens, qui déversent des flots de gigondas et de chateauneuf.
  • Les glottonymes (langues dans lesquelles s'expriment ces regroupements) sont en général calqués sur ces intitulés, mais il y a des exceptions.
  • Individualiste de nature, le Finlandais pratique pourtant une langue agglutinante : le finnois.
  • L'Azerbaïdjanais (Azerbaïdjan = "Royaume d'Alexandre le Grand") s'exprime en azéri, variété orientale du turc.
  • Le castillan est la lingua franca des Espagnols.
  • Un site répertorie les gentilés de France.
  • On y retrouve à Arleuf les Arleuquins et les Arleuquines.
  • On y remarque que les Isolanis évitent de se faire rôtir sur les plages de l'Ile-Rousse
  • Et tapies dans leurs box dorés, on y voit que les Rolls vésigondines font le gros dos, redoutant que les émeutes banlieusardes n'atteignent le Vésinet.
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RAISONNER COMME UN COMPTABLE (7/5/09)

• Dans les entreprises, il y a les empiriques et les méthodiques.
• Deux tempéraments qui, bien coordonnés, se complètent.
• Mais qui souvent s’opposent.
• Comment, lorsqu’on est intuitif, faire remarquer à un collègue qu’on le trouve par trop rationnel ?
• On peut être tenté de lui reprocher de raisonner en ingénieur ou en financier.
• Ce qu’il n’est pas forcément.
• A défaut, c’est souvent le comptable qu’on invoque.
• "Tu raisonnes comme un comptable" permet d'écarter une proposition d'une simple pichenette*.
• L’expression dépasse la fonction : pour celui qui l’utilise, raisonner comme un comptable signifie accorder trop d’importance aux chiffres, avoir la vue courte.
• Mais la formule n’est pas forcément négative.
• Elle ne met en cause ni l’intelligence, ni la compétence.
• Tout au plus fait-elle allusion à un manque d’audace.
• « Un Romain eût reculé, j’avance », se vantait Napoléon.
• A sa façon, le panache en moins, « tu raisonnes comme un comptable » ne dit rien d’autre.
• Comme pour se rassurer avant de brûler ses vaisseaux.
• Pour le meilleur.
• Ou pour le pire, car les comptables n’ont pas toujours tort.

* Pichenette = flick en anglais

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TU L'AS DIT, BOUFFI (6/5/09)

  • Comment aider un collaborateur, qui a fini par adopter laborieusement votre position, à passer à la suite dans la bonne humeur ?
  • Rien de tel, lorsque celui-ci s’est rallié, qu'un "tu l'as dit, bouffi".
  • Rien à voir avec un hareng entier salé et fumé
  • Tout est dans l'assonance, cette sorte de rime en "i" qui ponctue la formule.
  • Tu l'as dit, bouffi est de la famille des Cool, Raoul ou de A l'aise, Blaise, et autres Tu parles, Charles.
  • Chacun comprend qu'on est dans la dimension du ludique et de la familiarité.
  • C'est une formule de passage, une main tendue à celui qui a fait cavalier seul.
  • En cinq mots, on ouvre une nouvelle page.
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HADOPI (5/5/09)

Fondée en 1680 par une lettre de cachet de Louis XIV, la Comédie Française a bénéficié pendant près d'un siècle d'un monopole qui contraignait chaque auteur d'une pièce en vers à lui proposer de jouer ses textes.
• Sans rémunération, ou presque.
• La prose n’était pas mieux traitée.
• En 1775, la Comédie Française met à son répertoire Le Barbier de Séville.
• Le succès est éclatant.
• Sans le sou, Beaumarchais ne supporte pas de voir le théâtre s'enrichir sur son dos.
• Ce modèle économique l'insupporte.
• Le 3 juillet 1777, lors d'un souper auquel sont conviés une trentaine d'écrivains, il propose la fondation de la première société des auteurs dramatiques.
• La lutte engagée par Beaumarchais en 1777 aboutit en 1791 à la reconnaissance légale du droit d'auteur par l'Assemblée Constituante.
• Quand Napoléon réorganise la Comédie Française en 1812 depuis Moscou, il impose à cet organisme de rémunérer les auteurs ou leurs ayants droit.
• Le patron de la France fait alors appliquer sa décision sur le territoire qu’il contrôle.
• Mais qui est le patron d’Internet ? La Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi), bien sûr !
• Au nom du droit d’ingérence, the arrogant frog impose sa loi.

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PANDÉMIE (4/5/09)

  • Epidémie : augmentation et propagation soudaines d’une maladie dans une zone donnée.
  • Epizootie : même chose, mais chez l’animal
  • Endémie, persistance d’une maladie au sein zone donnée, même à l’état latent. Elle ne se répand pas, contrairement à l’épidémie.
  • Paludisme, bilharziose et autres maladies peu conviviales s’y rattachent.
  • Enzootie : même chose, mais chez l’animal
  • Pandémie : épidémie sans frontières.
  • On y retrouve pêle-mêle : la peste, le choléra, la variole, la grippe (quelle que soit sa nationalité d’origine), le typhus, la tuberculose, la poliomyélite ou le sida.
  • Entièrement grippé du fait d’un virus nommé Lehman Brothers, le système financier subit une affection pandémique.
  • Toujours en quête de nouveaux marchés, Google avait mis en place il y a quelques mois un système de navigation des pandémies, interprétant la fréquence des requêtes géographiquement et linguistiquement localisées.
  • Cliquez ici pour tester… votre sang froid.

 

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