LA DANSE DES MOTS, billet quotidien, avec Oomark 

BILLE EN TÊTE... (29/1/10)

  • Dominique de Villepin repart bille en tête.
  • L’expression est attestée depuis le milieu du 19e siècle.
  • Elle est alors en usage dans les salles de billard.
  • Jouer bille en tête, c’est frapper sa boule franchement, perpendiculairement et dans le centre.
  • Ce n’est qu’à partir des années 1950 que la formule acquiert son sens actuel : résolument, avec audace, et parfois avec naïveté.
  • Elle appartient à la catégorie des expressions à double tranchant.
  • Foncer bille en tête est en effet considéré comme une qualité ou comme une faiblesse.
  • Je l’ai rencontré, DdV : il incarne le plus flatteur portrait qu’un étranger puisse se faire du Français.
  • Il ne manque pas de sex-appel (nous verrons demain si je suis démenti);
  • Le parfait ministre des Affaires étrangères, étranger aux « affaires ».
  • Après toutes ces billevesées, après avoir eu la tête sur le billot, DdV ne se met plus martel en tête.

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TOUT VA MIEUX (28/1/10)

  • Tout va mieux !
  • À preuve les récents titres :
  • « La hausse du chômage ralentit »
  • « L'augmentation des faillites diminue »
  • « La croissance de la pauvreté est en baisse »
  • « La montée des délits décroît »
  • « L'avance de la pandémie recule »
  • « Moins un train va plus vite, plus sa vitesse est moins grande »
  • Amoto quaeramus seria ludo*, ricanait Horace (Sat 1)

    * Blague à part, revenons aux choses sérieuses.

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COMME EN QUARANTE (27/1/10)

  • Économie : c’est reparti comme en quarante !
  • Au lendemain de la mobilisation de 1939, on a dit que c’était reparti comme en quatorze, époque à laquelle on disait certainement que c’était reparti comme en 70.
  • La formule se devait d’évoluer.
  • De quatorze à quarante, le déplacement linguistique était plus aisé que si l’on avait retenu 39.
  • Ainsi s’est imposé repartir comme en quarante.
  • Pour certains, 1940 c’est le début de la fin.
  • Pour d’autres, c’est la fin du commencement.
  • Les premiers accentuent comme en quarante : on va refaire la même chose, sans illusion mais avec lassitude.
  • Les seconds mettent l’accent sur c’est reparti : ils salivent à l’idée d’un nouveau démarrage.
  • Attention à bien saisir la mélodie quand la formule arrive : tout est dans la tonalité.
  • Pour la version allemande : inverser l'intonation
  • Les conséquences de la reprise pour notre pauvre planète ?
  • On s’en moque comme de l’an quarante.

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AU NOIR (25/1/10)

• Émission très propre hier soir sur TF1.
• Donc rien sur le travail au noir.
• Le travail au noir est pourtant aux périodes de crise économique ce que le marché noir est à celles de guerre : des circuits parallèles qui amortissent les contraintes conjoncturelles.
• L’un et l’autre tireraient leur couleur des mêmes circonstances.
• L’adjectif schwarz serait en effet apparu en Allemagne dans les derniers temps de la Première Guerre mondiale, pour qualifier à la fois le commerce illégal pratiqué dans les lieux sombres, l’abattage clandestin de bétail ou le travail non déclaré effectué dans la pénombre des lieux discrets.
• C’est ce schwarz qui nous aurait donné, attaché aux désignations correspondantes, le marché noir et le travail au noir.
• D’autres font remonter l’origine de l’expression à une pratique du Moyen Âge consistant à faire travailler ouvriers et serfs en cachette du seigneur, à la lumière des chandelles.
• Pour la France, on estime le travail au noir compris entre 3% et 6% du PIB.
• Il serait deux fois moindre au Royaume-Uni, mais trois fois supérieur en Italie, et vertigineux en Grèce...
Schwarz arbeiten, To moonlight, Trabajar en negro ou hacer estraperlo, Lavorare al nero, Zwart werken, Pracowac na czarno... Aucune difficulté de traduction.

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WEB ATTITUDE... (24/1/10)

  • Votre direction commerciale s’appuie, évidemment, sur ses sites Internet.
  • Mais, ce faisant, elle parle souvent dans le vide.
  • Une fois sur deux, le profil des visiteurs n’est même pas analysé.
  • Les statistiques, les mots clés, les scénarios des visites sont ignorés.
  • Le contenu ne propose pas d’actions : souscriptions, suivi de correspondance, enregistrement pour une newsletter, forum…
  • Il arrive qu’il n’y ait aucun responsable de mise à jour.
  • Ou qu’il y en ait trop (qui inévitablement se crêpent le chignon).
  • Le contrôle qualité est parfois inexistant : le contenu est faible voire déficient, aux dépens de l’image.
  • Ne parlons pas des sites Internet qui sont des sites inertes : les mises à jour annoncées n’arrivent pas et celles en ligne remontent à l’antiquité, les forums ne sont pas suivis,…
  • Ni des contenus déséquilibrés qui sont du plus mauvais effet : certaines sections sont actives, d’autres sont abandonnées à leur sort.
  • Et les contenus ternes. Ah, les contenus ternes ! Assurément le meilleur moyen d’éloigner le visiteur ! Mieux vaut concentrer ses énergies une fois pour toutes que de laisser passer des infos médiocres au fil du temps.
  • Inversement, trop d’énergie éditoriale tue le contenu : un canon à neige déverse du texte, du texte, du texte ; à peine mise en ligne, la dernière info est écrasée.
  • On compte sur la quantité pour compenser la qualité.
  • Et sans archivage, point de salut. On empile donc on engorge.
  • Le cas échéant, vous pourrez aussi faire remarquer à votre supérieur (hiérarchique, s’entend) que votre entreprise ne sait plus combien de sites elle gère et qu’aucune coordination ne les harmonise.
  • Il pourrait vous en être reconnaissant.
  • Salve veritate!

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QUICK WIN (22/1/10)

  • La méthode Six Sigma est une méthode structurée de management signée Motorola, visant une amélioration de la qualité et de l'efficacité des processus.
  • Rien à voir, donc, avec un double salaire.
  • La méthode s’appuie sur une démarche fondée à la fois sur la voix du client (enquêtes, etc.) et sur des données mesurables et fiables.
  • Dans l’approche Six Sigma, un quick win est une solution déjà validée ailleurs qui permet de sauter une étape de mise en œuvre du système qualité et de gagne ainsi du temps.
  • Du vocabulaire des qualiticiens, la formule s’est progressivement étendue au langage du management.
  • Il n’est pas rare de voir un projet d’investissement ou une mesure d’organisation qualifiés de quick wins.
  • Avec plus ou moins de succès car ce qui fonctionne dans une culture peut s’avérer désastreux dans une autre.
  • Je ne citerai aucun nom.

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DETTE (21/1/10)

  • « Martine Aubry montre un signal fort de reprise en main du parti. »
  • « Le projet de l'Assemblée nationale devrait être vu comme un signal fort en direction des porteuses de burqa. »
  • « La présence massive des forces étatsuniennes est un signal fort à la direction de la communauté internationale »
  • Le signal fort est omniprésent parmi les dépêches et communiqués de presse.
  • A la différence d’un message, qui peut être clair et univoque, le propre d’un signal, même fort, est de devoir être interprété, décodé.
  • On est dans la dimension symbolique.
  • Un signal fort peut dès lors mobiliser plus largement qu’une instruction précise.
  • Les leaders ont compris que c’est ainsi qu’on entraîne l’opinion.
  • On ne dirige plus par note de service mais par capacité d’entraînement.
  • Le foisonnement de l’expression signal fort est un signal fort de l'évolution de la gouvernance et du management.
  • Ubi maior, minor cessat.*

* Le faible capitule devant le fort

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CLIVÉ (20/1/10)

  • Le nouveau PdG d’EDF ne percevra qu’un seul salaire.
  • L’ancien PdG de Veolia percevra un salaire annexe.
  • Schizophrénie ? Non : clivage.
  • Schizophrène va pouvoir prendre sa retraite : la relève est assurée dans le langage de l’entreprise.
  • Désormais, de celui qui agit en contradiction avec ses principes ou ses décisions, on dit qu’il est clivé.
  • Dans le vocabulaire de la géologie, le clivage est la faculté d'un minéral de se rompre suivant un plan.
  • Dans celui de la psychanalyse, le clivage du moi exprime la coexistence de deux potentialités contradictoires, l'une portée à tenir compte de la réalité, l'autre
  • prédisposée au déni de cette réalité.
  • Longtemps, la préférence du monde professionnel pour qualifier les comportements dédoublés est allée à schizophrène.
  • Mais, peut-être parce qu’on mesure mieux dans le grand public la gravité de la maladie, beaucoup hésitent aujourd’hui à convoquer schizophrène dans leurs mots de tous les jours.
  • Et clivé, aux origines plus hybrides, prend la relève lorsqu’il s’agit de dire, avec euphémisme, de quelqu’un qu’il se comporte en hypocrite.

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NOCIVES, LES BULLES (19/1/10)

  • Tourbillonnantes, évanescentes, chatoyantes, impétueuses ou voluptueuses, elles jaillissent par myriades, activées par myriades sur les particules minérales (tartrates, carbonates) des parois de la flûte.
  • Pour Michel Onfray, « la preuve du monde, c'est le champagne dont les bulles sont des comètes qui traversent l'espace, des étoiles qui flambent dans le cosmos des forces qui strient sur le mode lumineux les ciels contenus dans des coupes de verre ».
  • Mais Hubert Reeves nous a montré samedi que la nucléation, l'ascension et l'éclatement d'une bulle de champagne ne sont pas sans conséquences sur l'environnement.
  • Le mal commence avec les fermentations alcoolique et malolactique.
  • Mais l'ajout subséquent de liqueur entraîne de surcroît une troisième phase gazeuse dans le produit fini.
  • Heureusement, il existe des ampoules basse consommation.
  • Les vins effervescents élaborés de manière classique (à l’instar de la champagnisation en Champagne) créent environ 240 000 bulles par bouteille.
  • Alors que les vins mousseux élaborés en cuves (procédé Charmat) n’en produisent que 40 000.
  • A bene placito*!

* à votre bon plaisir

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GLOBAL WARMING, COOLING... (18/1/10)

Une planète grisâtre rencontre une planète verte.
- Mais que t’arrive-t-il ?
- Je suis infectée par une humanite aiguë.
- Oh, n’aie pas peur. Moi aussi, je l’ai attrapée, mais c’est parti tout seul !

  • C’est par cette blague qu’Hubert Reeves a conclu sa conférence au théâtre des Champs-Élysées samedi soir.
  • Devant un public qui riait jaune.
  • La voie Lactée (que vous pouvez encore contempler du Sahara) englobe environ 100 milliards d’étoiles.
  • Dans l’état actuel de nos connaissances, on compte 100 milliards de voies lactées.
  • Les molécules qui composent les êtres vivants sont issues des réactions chimiques et thermiques stellaires.
  • Chaque cataclysme interstellaire affecte l’environnement sidéral.
  • Tout est lié.
  • Depuis 650 millions d’années que la vie est apparue sur Terre, cinq cataclysmes ont bouleversé son environnement.
  • Le dernier ayant éradiqué les dinosaures.
  • La moitié des espèces a survécu à chacun de ces cataclysmes.
  • Depuis 2000, nous sommes en train d’assister au début du sixième cataclysme.
  • La température augmente, entraînant l’élévation du niveau des mers à un rythme accéléré (fonte des glaces, dilatation de l’eau).
  • Les gaz envoyés dans la mince couche atmosphérique (100 km) s’y concentrent et retiennent la chaleur (effet de serre).
  • Chaque fois que vous ouvrez une bouteille champagne, certes vous réchauffez l’atmosphère ambiante, mais aussi l’atmosphère tout court.
  • Mais en dehors de ces effets spectaculaires, se prépare un cataclysme d’une autre ampleur : la disparition des vers de terre par déversements massifs e systématiques d’insecticides.
  • La population mondiale augmente, les surfaces arables diminuent.
  • Seul lueur d’espoir pour l’homme : la prise de conscience par ceux qui détiennent le pouvoir et l’argent.
  • En tout cas, aucune inquiétude, comme de par le passé, la nature va s’en tirer, mais nous risquons de ne pas être là pour le constater.
  • Hubert Reeves nous en a mis plein les mirettes. J'ai applaudi.
  • Tout comme j'applaudissais la communauté scientifique et les médias qui nous annonçaient, dans les années 70,… le refroidissement inéluctable de la terre.
  • "The surest sign that intelligent life exists elsewhere is that they haven't contacted us".

    Couverture de Time Magazine :
  • Newsweek (28 avril 1975) : "Les preuves de ces prédictions commencent à s’accumuler massivement (...). Pour les scientifiques, ces incidents, apparemment isolés, représentent les signaux avancés de changements fondamentaux dans le climat mondial. Le fait central est qu’après trois quarts de siècle de conditions extraordinairement douces, le climat de la terre semble se refroidir".
  • En 1974, la National Science Board (USA) : “During the last 20 to 30 years, world temperature has fallen, irregularly at first but more sharply over the last decade. Judging from the record of the past interglacial ages, the present time of high temperatures should be drawing to an end…leading into the next ice age.
  • Life Magazine (janvier 1970) : "by 1985 air pollution will have reduced the amount of sunlight reaching earth by one half….”
  • Voir aussi l’article « Global Cooling » sur Wikipedia

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MONDEGREEN (15/1/10)

  • Dans l’environnement du calembour, j'aurais dû évoquer d'autres spécificités anglophones.
  • Le malapropisme est une erreur linguistique nommée d’après Mrs Malaprop, personnage d’une comédie de Sheridan (allusion évidente à mal à propos).
  • L’acyrologie ou l’akirologie est une expression improprement utilisée.
  • Le mondegreen est un mot créé par l'écrivain Sylvia Wright sur une ballade écossaise « They have slain the Earl of Murray / And they layd him on the green », dans laquelle « laid him on the green » peut être perçu comme « Lady Mondegreen ».
  • Ce qui rappelle évidemment le très cornélien « Et le désir s'accroît quand l'effet se recule » (n'oublions pas que Corneille est soupçonné d'avoir écrit des pièces
  • signées Molière).
  • Ou le double entendre de Serge Gainsbourg « Un zeste de citron » conduisant délibérément, dans le contexte, à « inceste de citron ».
  • « The answer my friend is blowin' in the wind » => « Dead ants are my friends; they're blowin' in the wind » (Bob Dylan).
  • « Sont des mots qui vont très bien ensemble; très bien ensemble » => « Sunday monkey won't play piano song, play piano song » (les Beatles).
  • « Gladly The Cross I'd Bear » => « Gladly, the cross-eyed bear » (refrain traditionnel).
  • « Excuse me while I kiss the sky » => « Excuse me while I kiss this guy » (Purple Haze, Jimi Hendrix).
  • Bon, c'est le moment de me fondre dans cette « Silent Night »", afin de « sleep in heavenly peace », encore sous le charme des « heavenly peas » dégustés hier soir…

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HAITI (14/1/10)

  • Malédiction, malédiction, tous en scène
  • Nous ne quitterons pas cette île de rêve
  • Sans jeter un dernier regard
  • A colorier chez soi ou à consumer sur place*
  • L'île des poètes, victime d'une perpétuelle injustice.
  • Ad nauseum.

* "La Malédiction" Alain Bashung

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MONOLOGUE INTERCULTUREL (14/1/10)

  • J’ai été invité par des amis indigènes dans la France profonde.
  • Etait-ce le 11 juillet ? Je ne suis plus sûr.
  • En tout cas, ils célébraient une victoire arrachée sans notre aide.
  • Le garage n’avait qu’une doux chevoux à me louer.
  • Au bout de quelques kilomètres dans la garrigue de Picardie, ma guimbarde rendait l’âme.
  • Aussitôt, la nuit est tombée, car c’est comme ça, en France.
  • Je maîtrise parfaitement l’idiome de l’auteur des Mis*, mais je n’en menais pas large car un vent haineux soufflait.
  • Pour sûr, il me transmettait une critique sur l’Irak ou la Nouvelle-Orléans.
  • Mon mobail était hors de portée des émetteurs, car les grenouilles arrogantes évitent les sociétés américaines qui, elles, offrent un service professionnel.
  • Coup de chance, une charrette tirée par des bœufs passait par là.
  • Sous son béret noir, le cocher a repéré le baquechiche facile.
  • Il a posé sa baguette et son litron de rouge, et m’a lancé : « Ah ! L’Amérique ! Mickey, John Wayne, baraque au bas mot ! ».
  • En fait, il m’a appris que la résidence de mes amis ne se trouvait qu’à quelques pieds.
  • C’est que, dans ce pays, les panneaux sont rédigés en dialecte local.
  • Prévenus de mon arrivée, mes amis ont abaissé leur pont-levis.
  • Je leur ai fait part de ma mésaventure.
  • Ils ne purent que soupirer : « Ah, my friend, la Fronce est foutioue ! ».
(publié par The All American News – débusqué par Courrier International – un poil arrangé par mézigue).

PUN : Two hydrogen atoms meet. One says, 'I've lost my electron.' The other
says, 'Are you sure?' The first replies, 'Yes, I'm positive.'
* Les Misérables

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ALBION (12/1/10)

  • Comme je le disais hier, la perfide Albion ne dédaigne pas les puns.
  • There was the person who sent ten different puns to friends, with the hope that at least one of the puns would make them laugh. No pun in ten did.
  • Pour Pline le Jeune, Albion fait référence à la couleur blanche (albus) des falaises crayeuses de Douvres.
  • Mais le poète de la Renaissance Edmund Spenser fait référence au fils de Neptune : « le puissant Albion, père du peuple vaillant et guerrier qui occupe les îles de la Bretagne ».
  • Mais pourquoi perfide ?
  • C’est qu’au regard de l’Histoire, la France et l’Angleterre se sont trouvées plus souvent adversaires qu’alliées (rappelez-vous la cravate noire des navigants français, tant sur les mers que dans les airs).
  • « L'Angleterre, ah, la perfide Angleterre, que le rempart de ses mers rendait inaccessible aux Romains, la foi du Sauveur y est abordée », écrivait Bossuet.
  • Le mot revient ensuite chaque fois que les intérêts de l’Angleterre et de la France s’opposent.
  • Hannibal ante portas!*

*l’ennemi est à vos portes

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CALEMBOURS (11/1/10)

  • C’est sur sa prononciation qu’on jauge un Britannique.
  • Mais c’est sur sa graphie qu’on juge un Français.
  • Le Français, que voulez-vous, est prisonnier de la logocratie ambiante.
  • Au contraire de la majorité des langues, le parler français s’appuie sur l’écrit.
  • De surcroît, il est vocalique et peu accentué.
  • Aucune différence entre « les rapaces" et « les rats passent ».
  • Alors que « mighty tower » ne saurait être confondu avec « my tea tower ».
  • Le hiatus entre français parlé et écrit laisse le champ libre à une perversion que d’aucuns trouvent délicieuse : le calembour.
  • On y exploite les homonymies*, les homophonies**, les paronymies***.
  • Et aussi la polysémie****.
  • Les puns anglais sont nettement moins souvent convoqués que les calembours,
  • Et s’appuient surtout sur paronymies et polysémies.
  • The roundest knight at King Arthur's round table was Sir Cumference. He acquired his size from too much pi.
  • Don't join dangerous cults: practice safe sects!
  • A backward poet writes inverse.
  • Ainsi, grâce à ce billet, j’espère que chaque matin, vous vous levez de bonheur…


    * mots qui s'écrivent ou se prononcent de la même façon, mais différents par le sens
    ** mots différents ayant la même prononciation
    *** mots qui se ressemblent, tant par l'écriture que par la prononciation
    **** mots ayant plusieurs sens

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FORMULES (8/1/10)

  • Aucun doute, « cordialement » ou autres « bien à vous » évitent bien des réflexions tortueuses.
  • Attention avant de griffer un « Je vous prie d'agréer, Madame, l'expression de mes hommages respectueux » : vous invoquez la formule épistolaire traditionnelle neutre d'un homme à une femme.
  • Mais l’heureuse destinataire doit avoir un âge minimum, et ne doit pas relever de votre autorité.
  • En tapant un « Je vous prie d'agréer, Madame / Monsieur, l'expression de mes sentiments distingués », vous prenez moins de risques car la formule concerne une
  • femme s’adressant à une femme ou un homme à un homme.
  • Mais le mot « sentiment » a une connotation affective, et il existe aussi des sentiments d'indifférence.
  • Vous pouvez aussi tenter « l'expression de ma considération distinguée ».
  • Oui, mais le mot « considération » a là quelque chose de condescendant, sauf si vous le faites précéder de « haute ».
  • De toutes les manières, prendre la plume c’est prendre des risques, témoin ce que nous offre la presse quotidiennement.
  • Tenez, récemment (pas d’attaques ad hominem) :
  • Des individus d'obédience arabe.
  • Il a fait un virage à 360 degrés.
  • Le taux d'alcoolémie (l'alcoolémie signifiant le taux d'alcool).
  • La poule aux yeux d'or.
  • Le parti a décidé de s'autosaborder.

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GENTRIFICATION (7/1/10)

  • On désigne ainsi l'embourgeoisement d'un environnement urbanisé.
  • Un quartier se modifie, prend ses aises.
  • Suite à l'invasion massive de noblieaux, un secteur se gentrifie.
  • De l'anglais gentry, petite noblesse.
  • De populaires, des quartiers deviennent huppés.
  • Les loyers augmentent, les habitants sont chassés, les commerces changent, les bâtisses sont réparées.
  • Ainsi le Marais à Paris, où les demeures délabrées de l'aristocratie du 17e et 18e ont été réhabilitées.
  • Les locaux industriels trouvent de nouvelles vocations (lofts).
  • Bref, la gentrification, c'est la boboisation (« bohemian bourgeois », du titre du livre de David Brook Bobos in Paradise), démarche de ceux qui veulent avoir une vie libertaire malgré leur argent, et qui veulent se faire passer pour originaux.
  • Appelés à être remplacés par les créatifs culturels, une catégorie de gens qui recherchent authenticité et vérité.
  • Et sequentes...

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    CORDIALEMENT (6/1/10)

  • Comme souvent en matière d’étiquette, ce sont les Anglo-Saxons qui ont donné le signal.
  • Il y a bien longtemps, en effet, qu’aux formules de politesse alambiquées, les courriers de langue anglaise préfèrent le bref et simple Sincerely yours.
  • En français, il nous a donné sincèrement vôtre, puis aujourd'hui cordialement.
  • Rapidement devenu la conclusion la plus courante de la correspondance électronique, cordialement a progressivement conquis une part de marché dans les courriers traditionnels, y compris de type administratif.
  • Mais le mot est devenu si fréquent que d’aucuns hésitent aujourd’hui à l’utiliser de façon brute ou systématique.
  • Ce qui importe désormais est la façon dont on utilise le cordialement.
  • Certains l’accompagnent d’un très ou d’un bien.
  • D’autres ne l’emploient que de façon intermittente.
  • Chacun sait en effet qu’une bonne communication passe par un effort de personnalisation.
  • Donner du cordialement, du temps où il était encore courant de présenter ses sentiments distingués, constituait une marque d’attention.
  • Mais la formule est devenue si banale qu’elle peut passer aujourd’hui pour de l’indifférence.
  • De là viennent, sans doute, les interrogations de ceux qui savent que l’important est de se distinguer.
  • Jusque dans les formules de politesse.
  • C'est tout pour aujourd'hui. Bien à vous.

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    GRIPAILLE (5/1/10)

  • Roselyne Bachelot s’est peut-être inspirée d’une maxime d’un autre ministre, André Malraux : « Pessimisme de la pensée, optimisme de l'action ».
  • Elle s’est ruée vers les vaccins et les laboratoires se sont rués vers l’or.
  • En Asie, même cause, (presque) mêmes effets.
  • Les Chinois achètent massivement de l'ail pour se protéger, selon une croyance ancestrale, de la grippe.
  • Conséquence : le prix de gros de l'ail a été multiplié par quinze.
  • Le Financial Times estime que le bulbe d'ail est presque aussi menacé que la bulle immobilière.
  • Avec des enjeux plus graves.
  • Quand une bulle est à la veille d'exploser, le marché se fige.
  • Si l'on cesse d'acheter et de vendre des appartements à Shanghai, ils restent vides.
  • C’est un demi-mal.
  • S'il devient impossible de se procurer de l'ail, les choses risquent en revanche de prendre une autre tournure.
  • On rapporte en effet que le premier conflit social de l'histoire de l'humanité a été provoqué par la ration d'ail supprimée aux esclaves égyptiens construisant les
  • pyramides.
  • Pour les pharaons, ce fut le début de la fin.
  • Alors à Pékin, on craint les dégâts des aulx.
  • Ail, ail, ail !

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    2010, LE PARADIS PAR DEFAUT (4/1/10)

  • C’est un étudiant de Nanterre qui a administré cette démonstration pour le moins optimiste, en réponse à un examen blanc en TP de chimie: " l'enfer est-il exothermique ou endothermique ? "
  • Premièrement, nous avons besoin de connaître comment varie la masse de l’enfer avec le temps.
  • Nous avons pour ce faire besoin de connaître à quel taux les âmes entrent et sortent de l’enfer.
  • Sans risque, nous pouvons assumer qu’une fois entrées en enfer, les âmes n’en ressortent plus.
  • En ce qui concerne le nombre d’entrées des âmes en enfer, observons les lois des différentes religions actuellement pratiquées sur la planète.
  • A une large majorité, les incroyants vont en enfer.
  • Comme il existe plus d’une religion et comme les croyants ne se soumettent qu’à une seule foi, nous pouvons raisonnablement projeter que toutes les âmes vont en enfer.
  • Maintenant, regardons la vitesse de changement de volume de l’enfer en fonction de la loi de Boyle-Mariotte, qui spécifie que « la courbe p = f(V) est proche d'une hyperbole équilatère en coordonnées dites de Clapeyron (p,V) , soit pV = constante pour une température donnée constante ».
  • Cela revient à dire que pour que pour que la pression et la température restent identiques en enfer, le volume de l’enfer doit se dilater proportionnellement à l’entrée des âmes.
  • D’où il se déduit évidemment deux possibilités :
  • Si l’enfer se dilate à une moindre vitesse que l’entrée des âmes, alors la température et la pression augmentent infiniment jusqu’à son éclatement.
  • Si l’enfer se dilue à une vitesse supérieure à la vitesse d’entrée des âmes, alors la température diminue, et atteint inexorablement zéro.
  • Mais entre ces deux hypothèses, laquelle choisir ?
  • Soit le postulat de ma voisine de TP Claudine qui m’a affirmé : « il fera froid en enfer avant que je couche avec toi », et tenant compte du fait qu’elle m’a ouvert les portes de son paradis la nuit dernière, alors l’hypothèse numéro deux est avérée.
  • La démonstration est ainsi faite que l’enfer est exothermique et qu’il a déjà gelé.
  • Le corollaire, c’est que, comme l’enfer a déjà gelé, il n’accepte plus aucune âme et du coup n’existe plus… laissant ainsi seul au monde le paradis.
  • Ce dont on peut déduire l’existence d’un être divin,
  • Et ce qui permet accessoirement de comprendre pourquoi, la nuit dernière, Claudine n’arrêtait pas d’implorer « Oh ! Mon Dieu ! Oh ! Mon Dieu... ».

    * qui évacue la chaleur – qui absorbe la chaleur

*Cette démo circule sur le Net en anglais depuis quelques années

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